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Décrypter les strates sous le lac Léman

Les reconnaissances géologiques dans le cadre des études FCC se poursuivent avec des mesures réalisées sur le lac Léman

Mardi, 21 juillet 2026

Des sondages géologiques réalisés à partir d’une plateforme permettent de mieux comprendre les caractéristiques du sous-sol du lac Léman. Les données permettront de définir plus précisément l’infrastructure souterraine envisagée pour le FCC. (Image : CERN)

L’évaluation d’un projet d’infrastructure souterraine d’envergure, quel qu’il soit, nécessite avant tout de comprendre la nature et les caractéristiques du sous-sol concerné. Dans le cadre des études menées pour déterminer l’implantation du projet Futur collisionneur circulaire (FCC), il s’agit de cartographier le plus précisément possible les formations géologiques le long du tracé proposé pour le tunnel, notamment sous le lac Léman.

La reconnaissance géologique du lac a débuté en 2025 avec des relevés sismiques et un premier sondage. Elle a repris le mois dernier avec de nouveaux sondages réalisés à partir d’une plateforme spécialement conçue à cet effet. Cette nouvelle campagne vise à identifier les différentes couches géologiques, à mieux cerner les caractéristiques du sous-sol et à apporter des informations complémentaires pour évaluer la profondeur et la configuration possibles de l’infrastructure souterraine du FCC.

L’étude de la géologie du sous-sol d’un lac requiert des méthodes spécialisées. Les mesures sismiques donnent une vue d’ensemble des structures souterraines, tandis que les sondages permettent d’apprécier directement les couches géologiques situées sous le lit du lac grâce à des prélèvements.

Les études sismiques ont été réalisées depuis un bateau en suivant des lignes de levés prédéfinies sur le lac. Des signaux contrôlés ont été émis, traversant l’eau et pénétrant dans les sédiments et les roches sous-jacentes. Des spécialistes ont analysé la manière dont ces signaux se propageaient dans différentes couches géologiques et étaient réfléchis par celles-ci, ce qui leur a permis de cartographier les variations de la structure souterraine sur une large zone. Des sondages viendront compléter ces mesures et apporteront des informations détaillées sur la composition et les caractéristiques des formations géologiques à des endroits précis.

Ces reconnaissances géologiques, d’une durée et d’une étendue limitées, sont réalisées dans des endroits choisis avec soin et en respectant des procédures conçues de manière à perturber le moins possible l’environnement lacustre et les autres activités sur l’eau. Elles sont menées avec l’autorisation des autorités locales compétentes et dans le respect des règles applicables en matière d’environnement, de navigation et de sécurité.

Ces travaux de reconnaissance sur le lac Léman s’inscrivent dans le cadre du vaste programme d’études géologiques et géotechniques que le CERN a lancé à l’automne 2024 pour étayer les études sur le FCC, lesquelles comprennent également des reconnaissances sur les sites de surface proposés. Les données recueillies aideront les spécialistes à affiner le modèle géologique et à déterminer l’emplacement et la profondeur les plus appropriés pour l’infrastructure souterraine proposée, qui, selon les estimations actuelles, serait située entre 150 et 400 mètres de profondeur. Cette campagne de reconnaissance géologique permettra de réduire les incertitudes et de se doter d’une base technique plus solide en vue des prochaines étapes des études consacrées au FCC.

La campagne se poursuivra jusqu’en octobre 2026 et, une fois traitées et validées, les informations géologiques collectées seront rendues publiques. Les scientifiques pourront utiliser les résultats ainsi obtenus pour mener d’autres études ; les municipalités, institutions et organismes intéressés pourront consulter ces données dans le cadre de leurs propres travaux.

Parallèlement aux études techniques en cours, des processus formels de débat public et de concertation publique ont actuellement lieu dans les deux États hôtes. En Suisse, le processus de concertation publique  a débuté le 18 mai 2026 et se poursuivra jusqu’au 2 octobre 2026. Des ateliers, des visites de sites et d’autres initiatives permettront aux habitants d’en savoir plus sur le projet FCC et de contribuer aux discussions. En France, le processus de débat public organisé sous l’égide de la Commission nationale du débat public  (CNDP) se déroule du 2 juin au 1er octobre 2026 ; il comprend des réunions publiques, des ateliers, des tables rondes et des évènements en ligne. Ces processus participatifs visent à favoriser un dialogue transparent sur les enjeux scientifiques, ainsi que sur l’impact environnemental et territorial du projet, avant une décision sur l’approbation ou non du projet, attendue en 2028 au plus tôt.